Organisée dans le cadre de l’étape guyanaise du Tour de France des 20 ans du FIPHFP, la table ronde consacrée à « La dynamique handicap en Guyane » a réuni plus de 60 participants autour d’acteurs engagés de l’inclusion dans la Fonction publique.
Aux côtés de Stéphane Gainaux, animateur des échanges, sont intervenus Nadine Monbrun, directrice territoriale au handicap du FIPHFP pour la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, Mylène Montgenie Campbell, déléguée régionale de l’ANFH Guyane, Liliane Montet, directrice des ressources humaines et des relations sociales de France Travail Guyane, Vanina Cippe, responsable de Cap Emploi Guyane, et Réginaldo Grace-Etienne, directeur territorial Guyane-Antilles de l’EPNAK.
Cette séquence a permis de revenir sur les avancées majeures réalisées depuis la loi du 11 février 2005 tout en mettant en lumière les marges de progression qui demeurent pour construire une fonction publique toujours plus inclusive.
Sensibiliser pour changer durablement les regards
Premier thème abordé : la communication et la sensibilisation. Les intervenants ont rappelé que l’une des évolutions les plus marquantes de ces vingt dernières années réside dans le changement progressif du regard porté sur le handicap au travail. Là où le sujet était autrefois peu visible et parfois tabou, les employeurs publics développent aujourd’hui de véritables politiques de sensibilisation destinées à informer, rassurer et accompagner les agents comme les encadrants.
Les échanges ont souligné l’importance de faire connaître les différentes formes de handicap, notamment les handicaps invisibles qui représentent une large majorité des situations rencontrées. Les actions de sensibilisation contribuent à lever les préjugés, à développer une culture de la compensation et à instaurer un climat de confiance favorisant la déclaration des situations de handicap. Cette confiance apparaît comme un levier essentiel pour permettre aux agents de solliciter les aides auxquelles ils peuvent prétendre et d’être accompagnés avant que les difficultés ne deviennent trop importantes.
Maintenir dans l’emploi : une approche plus préventive et mieux accompagnée
Les participants ont également insisté sur l’importance du travail partenarial. Les employeurs publics peuvent aujourd’hui s’appuyer sur un réseau d’acteurs spécialisés financés ou soutenus par le FIPHFP, qui apportent une véritable expertise dans l’analyse des situations. Diagnostic des besoins, évaluation des compensations nécessaires, recherche de solutions techniques ou organisationnelles, accompagnement de la mise en œuvre et suivi dans la durée : ces partenaires constituent un appui précieux pour sécuriser les parcours professionnels et faciliter la prise de décision des employeurs. Cette coopération permet de construire des réponses adaptées aux besoins des agents tout en favorisant leur maintien durable dans l’emploi.
Recrutement et apprentissage : des leviers à renforcer
Une accessibilité pensée dans toutes ses dimensions
Au-delà de l’accessibilité des bâtiments, les échanges ont permis de rappeler que l’accessibilité recouvre aujourd’hui des réalités beaucoup plus larges. Accessibilité numérique, accès à la formation, aménagement des postes de travail, outils de compensation ou encore accompagnement des personnes présentant des troubles neurodéveloppementaux : autant de dimensions qui participent à la construction d’environnements professionnels inclusifs.
Les intervenants ont notamment mis en avant les progrès réalisés en matière d’accessibilité numérique ainsi que les nombreuses solutions aujourd’hui disponibles pour faciliter l’accès à l’information, à la formation et à l’emploi. Ils ont également rappelé que l’accessibilité repose sur une responsabilité collective mobilisant les employeurs, les organismes spécialisés, les acteurs de la formation et les partenaires de l’emploi.
Poursuivre la dynamique engagée
La matinée a été marquée par l’intervention d’Antoine Poussier, préfet de Guyane, qui a salué l’engagement des employeurs publics et des partenaires mobilisés sur le territoire. Rappelant que l’inclusion constitue à la fois un enjeu d’égalité et un facteur de cohésion sociale, il a encouragé les employeurs à poursuivre leurs efforts et à s’appuyer pleinement sur les dispositifs proposés par le FIPHFP.
Au terme des échanges, un constat partagé s’est dégagé : en vingt ans, les progrès réalisés sont considérables. Toutefois, l’ambition demeure entière. Développer la prévention, renforcer le recours à l’apprentissage, poursuivre les actions de sensibilisation, améliorer l’accessibilité et favoriser le maintien dans l’emploi restent autant de priorités pour les années à venir. Autant de défis que les acteurs guyanais entendent relever collectivement dans la perspective du cap fixé par le FIPHFP à l’horizon 2030.






