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Emploi et handicap : l'étude IFOP 2025 révèle les défis d'une inclusion encore fragile

À l'occasion de la 29ᵉ Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées (SEEPH), qui se tiendra du 17 au 23 novembre 2025, le FIPHFP, l'Agefiph et LADAPT dévoilent les résultats d'une étude IFOP d'envergure menée auprès de plus de 7 800 personnes. Ce panorama inédit du monde du travail met en lumière les avancées réalisées depuis vingt ans, mais aussi les obstacles persistants qui freinent encore l'égalité professionnelle des personnes en situation de handicap.

seeph2025 semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées

Vingt ans après la loi de 2005 : des progrès réels mais insuffisants

Deux décennies après l'adoption de la loi du 11 février 2005, le bilan reste contrasté. Si 60 % des personnes en situation de handicap interrogées reconnaissent des avancées, seules 12 % parlent de « véritables changements majeurs ». Cette perception est encore plus mitigée chez les personnes en situation de handicap psychique (55 %) et celles vivant avec un multi-handicap (53 %).

Pour 41 % des répondants, l'égalité professionnelle signifie avant tout « être reconnu pour ses compétences sans préjugés ». Le combat n'est donc plus uniquement juridique : il est désormais sociétal et culturel.

Le recrutement : un parcours semé d'embûches

L'accès à l'emploi demeure un défi majeur. L'étude révèle que les personnes en situation de handicap font face à des pratiques discriminantes : 81 % ont essuyé des refus sans explication, 57 % ont subi des questions intrusives, et 62 % reconnaissent avoir caché certains aspects de leur handicap lors du processus de recrutement.

Plus préoccupant encore : 36 % des personnes interrogées, et jusqu'à 40 % de celles ayant un handicap psychique, choisissent de ne pas déclarer leur handicap lors du recrutement. Cette stratégie de « l'invisibilité forcée », motivée par la crainte de discrimination, a des conséquences lourdes : elle prive d'emblée les personnes des aménagements nécessaires et fragilise leur intégration.

 

Une carrière bridée par l'autocensure

Une fois en poste, les perspectives d'évolution restent limitées. 70 % des personnes en situation de handicap n'ont obtenu aucune promotion au cours des cinq dernières années, contre 58 % dans l'ensemble de la population salariée française. Cette stagnation s'accompagne d'une autocensure intériorisée : seules 56 % accordent de l'importance aux perspectives d'évolution, contre 65 % des autres collaborateurs.

Pour près d'une personne sur deux (46 %), les transitions professionnelles constituent le moment où le handicap pèse le plus. Changer de poste ou d'employeur signifie souvent perdre les aménagements acquis et recommencer un parcours d'adaptation difficile.

Une inclusion à deux vitesses

L'étude met en évidence des disparités considérables selon la taille et les moyens des employeurs. Les cadres (75 %) et les collaborateurs des organisations de plus de 250 personnes (71 %) bénéficient plus souvent d'outils adaptés, contre seulement 43 % des ouvriers.

Le référent handicap apparaît comme un levier déterminant : 76 % des collaborateurs qui en bénéficient disposent d'outils adaptés, contre 53 % sans référent. Sa présence transforme significativement l'expérience vécue en facilitant la mise en place effective des aménagements et en créant un climat de confiance.

L'insécurité psychologique : un frein invisible mais majeur

Au-delà des aspects matériels, l'étude révèle une fragilité persistante : l'insécurité psychologique au travail. Seulement 67 % des personnes en situation de handicap se sentent en sécurité pour signaler un problème sans craindre de représailles, contre 73 % des collaborateurs en général. Plus inquiétant : 58 % déclarent ne pas pouvoir évoquer leur santé mentale sans redouter des conséquences négatives.

Ce climat de méfiance explique pourquoi, lors de la recherche d'emploi, les personnes en situation de handicap se montrent particulièrement attentives à la bienveillance de l'employeur (76 % contre 70 %) et à sa politique d'inclusion (69 % contre 54 %).

Les engagements du FIPHFP pour une fonction publique exemplaire

Face à ces constats, le FIPHFP, l'Agefiph et LADAPT appellent l'ensemble des employeurs à renforcer concrètement leur politique d'inclusion en :

  • Généralisant la présence d'un référent handicap dans toutes les organisations
  • Développant les aménagements raisonnables : adaptation des outils, compensation, télétravail
  • Valorisant les compétences au-delà des préjugés, notamment par l'équité salariale et les promotions
  • Formant les managers à l'accompagnement des troubles psychiques et à la santé mentale au travail

« Vingt ans après la loi de 2005, cette étude IFOP nous rappelle que l'inclusion ne peut se limiter aux intentions : elle doit se vivre au quotidien dans chaque équipe, chaque service. Le FIPHFP agit pour que la Fonction publique soit exemplaire, en plaçant la confiance, la santé mentale et l'adaptation des environnements de travail au cœur de ses priorités et en formant et outillant les référents handicap pour leur donner les moyens d'accomplir leur mission », déclare Françoise Descamps-Crosnier, Présidente du Comité national du FIPHFP.

SEEPH 2025 : « Handicaps et emploi, l'égalité pour toutes et tous ! »

La thématique 2025 met en dialogue trois enjeux majeurs :

  • L'héritage de la loi du 11 février 2005, qui fête ses 20 ans
  • L'accessibilité universelle et la compensation effective sur les lieux de travail
  • La santé mentale, grande cause nationale 2025, et l'inclusion des handicaps psychiques

Cette mobilisation collective invite chaque employeur public et privé à traduire ces enseignements en actions concrètes. Car l'étude le démontre : un environnement de travail réellement inclusif, attentif à la santé mentale et garant d'une reconnaissance équitable, bénéficie à l'ensemble des collaborateurs.

 

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