Les biais cognitifs influencent quotidiennement nos prises de décision, souvent de manière inconsciente. Dans le monde professionnel, et particulièrement dans les processus de recrutement, ces mécanismes peuvent avoir des conséquences importantes sur l’égalité d’accès à l’emploi. Ils constituent notamment un frein majeur à l’insertion et au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.
Des biais non intentionnels, mais cause de discrimination
Le dernier rapport annuel du Défenseur des droits rappelle d’ailleurs que le handicap demeure le premier critère de discrimination, tous domaines confondus, qu’il s’agisse de l’emploi, du logement ou encore de l’accès aux services publics. Ces discriminations peuvent prendre des formes variées : idées reçues sur les capacités d’une personne, appréhensions liées à l’organisation du travail, ou encore jugements rapides influencés par des représentations collectives. Bien souvent, ces biais ne sont pas intentionnels, mais ils participent néanmoins à exclure certains profils dès les premières étapes du recrutement.
Dans ce contexte, le FIPHFP en Île-de-France a organisé, les 2 et 9 juin, plusieurs ateliers de travail consacrés aux biais dans le recrutement. Ces temps d’échange, organisés en distanciel, ont été pensés selon différents publics cibles : agents en situation de handicap, encadrants, recruteurs et référents handicap.
Chaque atelier a réuni une dizaine de participants issus d’horizons variés, parmi lesquels : l’Académie de Versailles, l’Académie de Créteil, l’Université Paris 13, l’Université Paris-Est Créteil, l’Université Paris 8, l’Université Versailles Saint-Quentin, l’IUT de Vélizy, le Ministère des Armées, la Ville de Courbevoie, la Région Île-de-France, le Département de l’Essonne ou encore France Travail. Le FIPHFP remercie chaleureusement l’ensemble des participants pour leur implication et la richesse des échanges.
Des ateliers pour mieux identifier ces biais et les dépasser
Ces ateliers avaient plusieurs objectifs :
- comprendre les biais cognitifs,
- identifier ses propres représentations,
- mieux appréhender son rôle dans l’accueil et l’intégration des agents en situation de handicap,
- adopter des comportements favorisant un environnement handi-accessible et non discriminant.
Les participants ont été plongé directement au cœur du sujet avec une première question : « Selon vous, qu’est-ce qui influence le plus le recrutement ? », suivi d’un tour de présentation des participants. Les échanges ont ensuite permis d’aborder des cas pratiques et de travailler collectivement sur différents biais cognitifs pouvant intervenir dans le recrutement, tels que les stéréotypes liés au handicap, l’effet de halo ou encore le biais de confirmation.
À travers des temps de brainstorming collaboratif, les participants ont contribué à la réalisation de fiches pratiques détaillant chaque biais : définition, comportements générés, croyances limitantes associées et pistes concrètes pour les prévenir.
À l’issue de ces ateliers, ces outils « prêts à l’emploi » seront prochainement diffusés au sein du réseau Handi-Pacte Île-de-France afin de sensibiliser et d’accompagner les acteurs de la Fonction publique dans des pratiques de recrutement plus inclusives.




