Le 10 juillet 2026, le FIPHFP en Auvergne-Rhône-Alpes a rassemblé 35 managers issus de différents services de la fonction publique d'Etat à Lyon pour une journée entièrement consacrée au management inclusif et à l'accompagnement des agents en situation de handicap. Le programme a alterné entre déconstruction des idées reçues, rappel du cadre légal, réflexion sur les biais cognitifs et ateliers consacrés à des situations managériales concrètes.
Un enjeu majeur pour la fonction publique d'Etat
En ouverture de la journée, Guillaume Bonneville, directeur territorial du FIPHFP en Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé les missions du Fonds, les dispositifs mobilisables par les employeurs publics ainsi que plusieurs chiffres clés sur l'emploi des personnes en situation de handicap.
Avec un taux d'emploi direct de 5,28 % en 2025, contre 7,68 % dans la fonction publique territoriale et 6,26 % dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique de l'État demeure en effet le seul des trois versants à se situer en dessous du seuil de 6 %.
Christophe Lanteri, secrétaire général adjoint aux affaires régionales, a également souligné le chemin qu’il reste à parcourir au sein de la fonction publique de l'État et insisté sur la place essentielle des managers dans cette dynamique. Au plus près des équipes et de l'organisation quotidienne du travail, les encadrants jouent en effet un rôle déterminant pour repérer les difficultés, instaurer un climat de confiance, dialoguer avec les agents et mobiliser les bons interlocuteurs.
Des échanges riches nourris par l'expérience des managers
Mettre les biais à l'épreuve de situations concrètes
L'après-midi, les participants ont travaillé en sous-groupes à partir de quatre situations directement inspirées de problématiques auxquelles un manager peut être confronté : départager deux candidats aux profils différents lors d'un recrutement, examiner la demande d'évolution professionnelle d'une agente peu visible en réunion, répondre à une demande de télétravail supplémentaire motivée par une fatigue importante ou encore réagir face aux difficultés rencontrées par un manager dont le comportement semble avoir changé.
Après avoir formulé leurs premières analyses, les participants ont découvert de nouvelles informations : derrière les comportements observés se trouvaient notamment un trouble du langage, une maladie chronique, un trouble anxieux avec phobie sociale ou encore un cancer en cours de traitement. Une question leur était alors posée : cette nouvelle information change-t-elle votre décision ?
Cet exercice a suscité de nombreux débats et permis d'interroger très concrètement l'influence des biais cognitifs sur les décisions managériales qui peuvent souvent influencer inconsciemment, notre manière d'évaluer une personne ou d'interpréter une situation.
La journée s'est achevée par une invitation adressée à chaque participant : identifier ce qu'il pourrait faire différemment et les ressources dont il aurait besoin pour passer à l'action.
Cette journée riche en échanges, en témoignages et en prises de conscience a démontré toute l'importance de créer des espaces permettant aux managers de partager leurs expériences, de questionner leurs pratiques et de repartir avec des repères concrets pour agir.





