Aller au contenu principal
  • Email

Retour sur une pause réseau à destination des employeurs bretons et ligériens

Le mardi 3 mars 2026, les Handi-Pacte Bretagne et Pays de la Loire ont organisé leur deuxième pause réseau dans le cadre d'un cycle de six sessions dédié à la santé mentale au travail. Réunissant 44 participants issus des trois versants de la Fonction publique, cette session portait sur le partenariat avec la médecine du travail dans une logique de prévention.

Webinaire handicap

Un constat partagé : intervenir trop tard

Les échanges ont d'emblée mis en évidence des préoccupations communes aux employeurs publics :

  • augmentation des situations d'épuisement professionnel,
  • tensions dans les collectifs,
  • difficultés managériales,
  • multiplication des arrêts longs.

Un constat s'est dégagé avec force : les employeurs interviennent le plus souvent lorsque la situation est déjà fortement dégradée.

Un rappel du cadre posé lors de la première session a permis de réaffirmer que la santé mentale ne se limite pas à l'absence de trouble : elle s'inscrit dans un continuum évolutif, influencé par des facteurs à la fois professionnels et personnels. L'éclairage sur la biologie du stress a rappelé que, s'il est utile à court terme, un stress chronique peut devenir délétère, notamment en cas de surcharge, de manque de clarté des missions, d'isolement ou de défaut de reconnaissance.

Les trois niveaux de prévention

La session a structuré la réflexion autour des trois niveaux de prévention :

  • Prévention primaire : agir sur l'organisation du travail pour réduire les risques à la source
  • Prévention secondaire : repérer les signaux faibles (fatigue persistante, retrait, irritabilité) afin d'éviter l'aggravation
  • Prévention tertiaire : prendre en charge les situations installées (arrêts longs, burn-out) et mobiliser les dispositifs de maintien et de retour à l'emploi

Les participants ont souligné que les actions se concentrent encore trop souvent sur ce troisième niveau, alors que c'est en amont que les leviers sont les plus efficaces. Le rôle du référent handicap a été identifié comme central : interlocuteur de confiance et acteur transversal, il peut repérer les situations sensibles, orienter vers les bons interlocuteurs et favoriser une intervention précoce, sans attendre une reconnaissance administrative.

L'intervention du Dr Loïc Louisy : la médecine du travail comme partenaire de prévention

Le cœur de la session a été constitué par l'intervention du Dr Loïc Louisy, médecin du travail au Centre de Gestion de Loire-Atlantique, qui a présenté les modalités concrètes d'action de la médecine du travail en santé mentale autour de deux axes complémentaires :

Au niveau individuel, les visites médicales constituent un espace d'écoute permettant de repérer des signaux précoces de mal-être : fatigue persistante, anxiété, troubles du sommeil, perte de sens. Une saisine en amont peut conduire à des préconisations adaptées : aménagement temporaire du poste, ajustement de la charge de travail, médiation avec l'encadrement ou orientation vers un professionnel de santé. Le Dr Louisy a toutefois souligné que la médecine du travail est encore trop souvent sollicitée tardivement, en situation d'urgence, alors qu'une intervention précoce offre davantage de leviers.

Au niveau collectif, le médecin du travail intervient via son tiers temps en réalisant des études de poste, en participant à des diagnostics organisationnels ou à l'évaluation des risques psychosociaux, notamment lors de réorganisations. Des indicateurs comme la répétition d'arrêts courts, l'allongement des arrêts ou les tensions d'équipe doivent alerter. Il joue également un rôle stratégique en prévention primaire : sensibilisation des encadrants, appui à l'analyse de la charge de travail et accompagnement des changements organisationnels.

Le Dr Louisy a conclu en rappelant que le partenariat entre la médecine du travail et le référent handicap repose sur une articulation claire des rôles, dans le respect strict du secret médical, et sur une coopération anticipée plutôt que réactive. La médecine du travail doit être considérée comme un partenaire de prévention à mobiliser le plus en amont possible.

Le cycle se poursuit avec quatre prochaines sessions, toujours co-organisées par les Handi-Pactes Bretagne et Pays de la Loire.

< < Revenir à la liste des actualités