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Pays-de-la-Loire et Bretagne - Retour sur une pause réseau dédiée à la souffrance au travail et l'accompagnement au retour à l'emploi

Le Handi-Pacte Pays de la Loire et le Handi-Pacte Bretagne ont organisé, le jeudi 24 septembre 2026, une nouvelle Pause réseau consacrée à la santé mentale. Cette quatrième rencontre d'un cycle de six, qui a réuni 33 participants, était dédiée à une étape particulièrement délicate du parcours professionnel : le retour d'un agent après une situation de souffrance au travail.

Comprendre les causes de la souffrance

Les échanges ont d'abord portés sur les facteurs pouvant faire naître la souffrance au travail : écart entre le travail prescrit et le travail réel, relations professionnelles susceptibles de devenir conflictuelles ou encore perte de sens.

La souffrance au travail ne relève pas uniquement d'une fragilité individuelle. Elle peut s'inscrire dans un système, lorsque le discours de l'organisation ne correspond plus à la réalité vécue, lorsque les décisions prises entrent en contradiction avec les valeurs professionnelles ou lorsque la parole des agents n'est plus entendue.

Avant d'organiser un retour, les participants ont souligné la nécessité de s'interroger sur les causes de tension : sont-elles toujours présentes ? Risquent-elles de s'aggraver ? Est-il pertinent de remplacer l'agent dans le même environnement de travail ?

Les obligations de l'employeur

La rencontre a rappelé les obligations des employeurs publics en matière de santé et de sécurité au travail. Celles-ci impliquent notamment d'agir sur l'organisation, la charge et le sens du travail, mais aussi de former l'encadrement, d'ouvrir des espaces d'écoute et d'accompagner les agents en difficulté.

Les participants ont évoqué les conséquences possibles lorsque ces obligations ne sont pas suffisamment prises en compte : perte de sens, baisse de motivation, conflits, souffrance au travail, multiplication des arrêts, turnover et difficultés de recrutement.

Les absences peuvent également être compensées par des remplacements successifs, ce qui déstabilise les agents restés en poste et peut contribuer à leur épuisement.

Une démarche en trois temps

Face à une situation déclarée, les participants ont travaillé sur une démarche en trois étapes.

  • La première consiste à écouter et comprendre, en s'appuyant sur la méthode TEL : vérifier que le moment est opportun, que l'environnement est adapté et que la personne qui écoute est pleinement disponible.
  • La deuxième étape consiste à mesurer les impacts : consulter le collectif, repérer les signaux faibles, apprécier l'intensité, la durée et la fréquence des difficultés, puis déterminer s'il convient de délivrer un conseil ou de procéder à un signalement.
  • La troisième consiste à mobiliser l'écosystème interne et externe, dans une logique à la fois curative et préventive.

Mobiliser les ressources disponibles

Les participants ont insisté sur l'importance de ne pas laisser l'agent isolé. Plusieurs ressources peuvent être mobilisées en interne : psychologue du travail, médecine professionnelle, assistant de service social, encadrement et référent handicap.

Des ressources externes peuvent également compléter cet accompagnement, comme les appuis spécifiques, les études ergonomiques ou une cellule de signalement lorsque la situation est liée à un critère de discrimination.

Les employeurs conventionnés avec le FIPHFP peuvent également mobiliser un soutien psychologique, sur préconisation du médecin du travail. La commission maintien et retour à l'emploi ainsi que le conseiller mobilité carrière constituant d'autres relais utiles.

Préparer le retour dans la durée

Lorsque l'agent retrouve son poste, la réussite du retour repose sur plusieurs conditions : préparation de l'équipe, aménagement du poste et de l'organisation, accompagnement au moment de la reprise et suivi dans la durée.

Lorsqu'un changement de poste ou de service est nécessaire, il convient de préparer l'équipe d'accueil, de coordonner les parties impliquées et de sécuriser l'intégration dans le nouveau collectif.

Parmi les pratiques partagées, les participants ont recommandé de désigner à l'avance la personne qui restera en lien avec l'agent pendant son arrêt, par exemple l'assistant de service social, avec l'accord de l'intérêt.

La reprise peut être préparée dès trois semaines d'absence, puis faire l'objet d'un nouveau point après trois mois. Lorsque la situation le permet, il peut également être utile de demander à l'agent s'il accepte d'être contacté sur son téléphone personnel ou de désigner une personne ressource dans son entourage.

Cette Pause réseau a permis de rappeler que le retour à l'emploi après une situation de souffrance au travail ne peut être improvisé. Il suppose d'agir sur les causes, de mobiliser les bons interlocuteurs et d'inscrire l'accompagnement dans la durée.

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